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mardi 26 septembre 2017

Napoléon Peyrat (1809-1881)


Napoléon Peyrat (1809-1881)

Napoléon Peyrat (1809-1881)

Napoléon Peyrat est un « enfant » de l’Ariège protestante dont il a retracé, en français ou en langue d’Oc, l’histoire, les traditions, la vitalité. Ses travaux, sur le protestantisme français au temps du Désert (1685-1791) et sur les Cathares ont eu un rayonnement important. Pasteur, il a exercé son ministère à Saint-Germain-en-Laye et a été, dans cette fonction, témoin du siège de Paris par l’armée allemande en 1870-71.

L'apprentissage

  • Napoléon Peyrat
    Napoléon Peyrat © Association Les Amis de Napoléon Peyrat
  • Bordes sur Arize, Ariège
    Bordes sur Arize, Ariège © Bernard Guttinger

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Napoléon Peyrat est né le 20 janvier 1809 aux Bordes sur Arize, un petit village de l’Ariège protestante situé non loin du Mas d’Azil et du Carla-Bayle. Son grand père, bonapartiste, est le maire du village. Sa mère meurt très jeune et il est élevé par ses tantes.
En 1823, il poursuit son éducation dans une institution que le pasteur Jacques Rosselloti dirige à Chatillon-sur-Seine.
En 1826, il commence des études de théologie à la Faculté de Montauban qu’il achève en 1831 en rédigeant une thèse sur le Christianisme au XIXe siècle. Il en dégage des questions pratiques et théologiques qui le dissuadent provisoirement de s’engager dans un ministère pastoral. Il devient précepteur dans des familles protestantes, d’abord à Paris, puis à Bordeaux.

L'historien des minorités

  • Livre Histoire Pasteurs du Désert par Napoléon Peyrat
    Livre Histoire Pasteurs du Désert par Napoléon Peyrat © Collection privée
Outre l’enseignement, il s’engage dans des recherches sur l’histoire des minorités protestantes en France ainsi que sur celle des Cathares qui ont été persécutés par l’inquisition dans sa province natale et fait entendre (souvent dans un style passionné) la parole de ceux qui ont été vaincus, les camisards d’une part, les albigeois retranchés à Montségur d’autre part.
En 1842, il publie une histoire des pasteurs du Désert qui s’étend de la Révocation de l’Édit de Nantes aux débuts de la Révolution française.

Le pasteur

  • Temple de Saint Germain-en-Laye (Yvelines)
    Temple de Saint Germain-en-Laye (Yvelines) © cartesfrance.fr
En 1844, il est nommé pasteur auxiliaire de la Paroisse de Saint-Germain-en-Laye. Consacré en 1847, il en devient le pasteur titulaire en 1854, après s’être marié, en 1851, avec l’une des nièces du maréchal Randon, Eugénie Poiré, sensiblement plus jeune que lui.
Dès lors, Napoléon Peyrat partage son temps entre ses activités pastorales et ses charges familiales. C’est lui qui fait édifier le temple de Saint-Germain-en-Laye en 1862. Mais il garde pour la recherche en histoire une grande attirance. Profitant de sa présence à Saint-Germain, il rédige une importante étude sur le Colloque de Poissy (1561). De plus, il engage une recherche sur Vigilance qui a réformé le christianisme en Pyrénées au Ve siècle. Vigilance, lui, semble avoir été un précurseur de Luther.
Le déroulement de la guerre de 1870 place, bien malgré elle, la paroisse de Saint-Germain-en-Laye dans une position stratégique : après la défaite de Sedan, l’armée allemande se déploie autour de Paris. C’est pourquoi le temple est souvent requis par les allemands pour y célébrer un culte. Napoléon Peyrat et son épouse sont plusieurs fois intervenus auprès des officiers allemands pour éviter des situations absurdes et des violences. Napoléon Peyrat a noté les différents événements de ce siège dans un journal très intéressant, d’autant plus qu’il y fait les portraits très vivants de tel ou tel officier ou pasteur.
Mais curieusement, et bien que la Commune ait commencé pendant le Siège de Paris, il n’y fait absolument aucune allusion.

Le poète

Tout au long de sa vie, Napoléon Peyrat a écrit des poèmes inspirés qui évoquent l’horreur des persécutions. Il les écrit tantôt en langue d’oc, tantôt en français pour montrer son attachement à la République. C’est pour cette raison que, admis en 1877 au sein de l’association du Félibrige (créée autour de Frédéric Mistral), il se rallie aux Félibriges rouges, plus ouvertement républicains.
Napoléon Peyrat a aussi rédigé des Chroniques sur la paroisse de Saint-Germain-en-Laye, encore inédites.
C’est à Saint-Germain-en-Laye que Napoléon Peyrat est mort le 4 avril 1881.

Emmurements dans les grottes de la Haute Ariège

Emmurements dans les grottes de la Haute AriègeRené Bodin


Sur près de deux siècles, cinq idées tournant autour d'un mot constant, développées par cinq auteurs distincts ont été reprises par des centaines d'écrits et ont pour cadre Lombrives et sa multitude de grottes avoisinantes.

Le dictionnaire définit le mot emmurement comme étant le fait d'être derrière les murs, c'est-à-dire prisonnier.

L'homme seul dans sa geôle est emmuré. L'homme enterré vivant dans une fosse est aussi placé derrière un mur définitivement. L'homme enfermé derrière un mur dans une partie d'un réseau souterrain se trouve aussi prisonnier pour l'éternité.

Le premier texte, évoquant un emmurement dans les grottes est celui-ci :

  • "En 1802, la contrée était peu sûre. Une bande de brigands, dévalisait sans cesse les commerçants de Tarascon sur Ariège ou les agriculteurs qui rentraient de leur marché hebdomadaire. La police, appelée suite à de nombreuses plaintes, fit une enquête. Au bout de quelques jours de recherche, elle se rendit compte que les brigands dévastateurs du pays habitaient la Grotte de Lombrives. Le renfort de l'armée fut obtenu et, le colonel de Beaumont, envoya ses soldats vers l'immensité souterraine. Les militaires entrèrent dans la Grotte, parcoururent la galerie de "la Carène" et n'apercevant âme qui vive, arrivèrent près d'une étroite chatière. A plat ventre, un à un, 250 soldats pénétrèrent dans le boyau. Deux heures après, personne n'était revenu et pas le moindre bruit ne ressortait des entrailles de la terre. Le colonel de Beaumont se dit : "Il se passe quelque chose d'étrange dans Lombrives !" Il envoya sur le champ deux soldats vers l'étroite chatière et, demanda au second de tenir fermement le pied de son compagnon. Les militaires exécutèrent l'ordre, et, celui resté le plus en aval du passage, se rendit compte brusquement du raidissement du corps de son prédécesseur et rapidement recula. Le colonel de Beaumont comprit de suite ce qui se passait et fit murer sur le champ l'étroit passage. Plus personne ne pourrait aller plus loin dans la grotte maudite, et surtout, plus personne ne pourrait en sortir ; le pays allait donc pouvoir revivre !

    Cinq jours après, alors que tout le monde parlait de la disparition de ces 250 soldats, le receveur des impôts de Foix, arrivant à son bureau le matin, trouva tout dévasté et un écriteau qui portait une mention : "les brigands de la grotte de Lombrives !"

    Cela signifiait donc qu'il y avait d'autres entrées à la grotte de Lombrives. Le Colonel de Beaumont envoya immédiatement deux régiments sur la montagne de Lombrives. Les militaires patrouillèrent, cherchèrent, firent le guet. Au bout d'une semaine, d'un modeste abri sous roche, un bruit de pierres déplacées se fit entendre et les soldats aperçurent un homme se camouflant dans les taillis. Rapidement les soldats le capturèrent, tandis que d'autres s'engouffrèrent, à partir d'un modeste abri sous roche, vers cette entrée jusqu'alors inconnue. A la suite d'une longue marche dans la pénombre, ils aperçurent dans le lointain, éclairés par des torches, des hommes qui festoyaient. Il ne pouvait s'agir que des brigands. Les soldats prirent leurs fusils, tirèrent, les tuèrent tous.

    A l'aide des échelles de bois qui, de la "Cathédrale", permettaient de regagner les étages supérieurs de la grotte de Lombrives, les soldats descendirent dans l'immense salle. Là, près de l'étroit passage, ils trouvèrent, à droite les têtes de leurs malheureux compagnons, à gauche leurs corps, au milieu la hache qui servit à ce carnage ! Ce passage s'appelle depuis le "Pas du Crime" !"
Cette histoire connue sous l'appellation "la Légende des brigands de Lombrives", elle est due au journaliste de la Mosaïque du Midi Jules Mettmant, a été reprise par le Docteur Paul Guittard et daterait de 1830. Personne n'a pu établir son fondement historique et ce n'était probablement qu'une histoire de brigands ! Dans Souvenirs d'Ussat, publiés par le Docteur Guittard en 1869, une large place de l'écrit est consacrée à cette légende. Elle sera maintes fois publiée, notamment sous forme de bande dessinée dans le journal France Soir 1 et eut les honneurs du 1er numéro du journal l'Ariégeois en 1979.

- La "Cathédrale" de la grotte de Lombrives (photographie : fonds de Lombrives) -


Plus tard, en 1884, Félix Garrigou apportera une explication à l'abondance des ossement trouvés par son père (Adolphe Garrigou) et ses contemporains (Noulet, Boubée, Marty, etc...) :
  • "Rappelons-nous un fait historique signalé par César dans ses Commentaires, renouvelés presque d'une manière semblable en Afrique par le général Bugeaud à l'égard des Arabes. César nous dit (et avec lui l'historien Fleurus), qu'il fit périr dans les grottes où ils s'étaient réfugiés, les habitants des vallées pyrénéennes qui lui résistaient.

    Il ne semble pas trop téméraire de tirer de là une conclusion explicative des observations faites au cimetière et de dire :

    Le gisement du cimetière de la grotte de Lombrives, paraîtrait constitué par les restes d'une population historique, préromaine, composée surtout de femmes et d'enfants qui se seraient réfugiés au moyen d'échelles dans ce point de la caverne pour y être en sûreté pendant quelques temps à l'époque de l'invasion romaine. Les Romains, avertis et ayant eu connaissance de cette retraite, auraient enlevé aux réfugiés tout moyen de redescendre les escarpements.

    La mort survenue soit par la famine, soit par la frayeur, aurait été pour tous ces réfugiés la conséquence de la cruauté de César."
Vivien de Saint Martin, auteur du Dictionnaire de géographie universelle écrit dans son monumental ouvrage qu'il s'agit d'ossements d'une ancienne peuplade qui aurait été poussée dans la grotte de Lombrives par l'eau du Déluge.

La préhistoire sortant de ses balbutiements, pour Félix Régnault, ces ossements seraient ceux d'une peuplade préhistorique emmurée vivante.

L'emmurement des Cathares dans Lombrives est décrit dans l'un des chapitres du tome III ("Les Albigeois et l'Inquisition") de l'Histoire des Albigeois de Napoléon Peyrat.
  • C'est ici que doit, selon toute apparence s'intercaler dans nos récits la catastrophe d'Ornolac. Mais comment rendre au jour ce drame obscur , perdu depuis plus de cinq cents ans, à deux mille mètres dans les profondeurs de la terre, et dont il ne reste plus d'autre témoignage qu'un muet amas d'ossements à demi pétrifiés...

    ... Depuis le jour où le pieux Loup de Foix venait prier dans la grotte d'Ornolac, cette grotte célèbre, séjour d'un évêque albigeois et siège de prédications nocturnes, était devenu, sous l'orage toujours croissant, un refuge perpétuel de faidits des bois. Cinq ou six cents montagnards, fugitifs de leurs hameaux, s'étaient établis, hommes, femmes, enfants, dans ces ténèbres et formaient, autour du pasteur cathare, un mélange de colonie mystique, de camp sauvage. Un nouveau Montségur s'était organisé, non plus chevaleresque comme l'autre, et perché dans les nuées, mais rustique au contraire, et perdu dans un antre de montagne, un gouffre perforé par un torrent diluvien.

    L'Inquisition, plus audacieuse par l'absence des comtes de Foix qui résidaient dans le Béarn, et par la conversion des seigneurs de Castelverdun, possesseurs du territoire d'Ornolac, résolut de détruire ce repaire de faidits...

    ... Le Sénéchal pénètre sous le vaste porche, force l'étroit goulot intérieur, et croit les envelopper tous d'un coup de filet, comme un nid de bêtes fauves, dans un fonds de tanière, sous la rotonde sans issue de Loup de Foix. Mais la grotte est double, ou plutôt le corridor oriental qu'il venait de parcourir, d'une étendue d'un quart de lieue, n'est que le vestibule d'une galerie supérieure trois fois plus profonde qui forme la caverne-mère.

    On gravit celle-ci par un escarpement d'une hauteur perpendiculaire de quatre-vingts pieds, vertical mais divisé par cinq ou six ressauts, dont les entablements supportent des échelles de bois dressées contre le rocher. Les cathares, retirant après eux les échelles, furent en un instant inexpugnables dans l'obscurité de leur aire souterraine. L'ost catholique, qui croyait les acculer dans l'impasse de la Rotonde, y fut lui-même transpercé, écrasé, foudroyé, par un orage de flèches sifflantes, de rocs bondissants et de hurlements sauvages, roulant de cette gueule sombre qui, selon les géologues, vomit le torrent océanien. Comment, sous cette tempête, tenter l'escalade; et, parvenu sur la haute corniche, comment poursuivre les faidits dans le dédale obscur de la caverne qui s'enfonce encore de trois quarts de lieue dans la montagne de Sabart ? Le sénéchal recula, ramassa ses morts, mura l'étroit goulot oriental et scella les cathares vainqueurs dans leur fort devenu leur tombeau. Il campa quelques jours encore sur la bouche de la caverne, au-dessus de l'Ariège, puis, quand il n'entendit plus rien remuer dans les entrailles de la roche, pensant que tout était fini, il redescendit tranquillement et s'en revint à Toulouse.

    Cependant, que se passait-il au-dedans ? Les faidits essayèrent-ils de renverser le mur ? L'exiguïté du goulot rendait impossible l'évasion comme l'invasion du rocher. La résignation est une vertu cathare; ils se soumirent doucement à leur sort et sourirent tristement de leur tombeau. Frugivores, longs jeûneurs, s'imposant volontiers l'endura qu'ils gardaient pour leurs dernières douleurs, ils acceptèrent tranquillement ce supplice de la faim, leur suicide habituel et religieux. Dans aucun cas on ne peut supposer qu'ils s'entre-dévorèrent dans les ténèbres. Ils ressentaient la plus invincible horreur pour les repas d'Hugolin. Que firent-ils donc ? Ils vécurent encore quelque temps: ils avaient des pots d'argile, des amas de légumes dans les creux de rochers et, non loin de là, un petit lac d'eau pure. Mais un jour tout leur manqua: vivres, bois, feu et la lumière si douce, ce reflet visible de la vie. Alors ils se groupèrent, selon leurs familles, dans les divers compartiments, l'époux à côté de l'épouse, la vierge à côté de la mère défaillante, et le petit enfant sur sa mamelle tarie. Pendant quelques instants, au-dessus du pieux murmure des prières, s'entendit encore la voix du ministre cathare, confessant la Parole qui était en Dieu et qui était Dieu. Le fidèle diacre donna aux mourants le baiser de la paix et s'endormit à son tour. Tous, reposaient dans le sommeil et les gouttes d'eau qui tombaient lentement des voûtes troublèrent seules le silence sépulcral pendant des siècles. Ainsi probablement finirent ces derniers enfants du Paraclet. Pendant que l'Inquisition maudissait leur mémoire, que leurs proches même n'osaient prononcer leur nom, ils étaient pleurés dans les rochers. La montagne qui, comme une tendre mère, les avait recueillis dans son sein, leur fila religieusement avec ses larmes un blanc suaire, ensevelit leurs restes sacrés dans les plis lentement tissés dans ce linceul calcaire, et sculpta sur leurs os que ne profana point le vers, un mausolée triomphal de stalagmites, merveilleusement orné d'urnes, de candélabres et de symboles de vie. (Napoléon Peyrat, pages 357 à 360).

    "Jacques de Castelverdun était seigneur d'Ornolac et de sa grotte sinistre, scellée depuis deux siècles et demi. Le temps à cette époque, rouvrit ce grand ossuaire albigeois. Les protestants, qui peut-être se cherchaient des ancêtres dans les antres des montagnes, conduits par de vagues et tragiques souvenirs, pénétrèrent dans ces cryptes funéraires. Ils entrent, ils arrivent à l'oratoire de Loup de Foix, montent par les échelles encore dressées, à la grotte supérieure, et découvrent, ô prodige effrayant, tout un peuple endormi et couché, presque pétrifié lui-même comme dans des cercueils de pierre. La montagne, qui pleurait ses enfants depuis trois siècles, leur avait construit, de ses larmes congelées, des tombes de stalagmites. Bien plus, elle leur avait élevé comme un monument triomphal et transformé l'affreuse caverne en une basilique merveilleusement décorée de moulures, de sculptures symboliques. On y voyait une chaire, des candélabres, des urnes; puis des ornements sacerdotaux, un pallium, des tiares; puis encore des fruits répandus autour de ces morts, des melons et des champignons, emblèmes de vie; et enfin une cloche de bronze, dont l'énorme capsule, comme tombée de sa voûte, gisait à terre, symbole d'éternel silence et signe en même temps de la victoire remportée par ces martyrs sur le Prince de l'air dont le clairon muet décorait leur caveau sépulcral..." (Napoléon Peyrat, pages 403-404).
Les écrits de Napoléon Peyrat seront vulgarisés par un jeune écrivain Allemand, Otto Rahn, avant la Dernière Guerre Mondiale dans un ouvrage : Croisade contre le Graal (page 311) :
  • "...Si les murs de la grotte fortifiée de Bouan, la plus forte du Sabarthès, et qui appartenait aux sires de Château-Verdun, avait tenu bon jusqu'alors, il est probable qu'ils furent éventrés à coups de catapultes retentissantes après la disparition de Pons-Arnaud. Et les derniers cathares restant dans les connues d'eux seuls s'enfuirent vraisemblablement sur les montagnes, d'où ils pouvaient émigrer vers des campagnes plus hospitalières, où le soleil brille plus pur, parce qu'il n'est obscurci par la fumée d'aucun bûcher, et où les étoiles, ces étoiles auxquelles ils aspiraient, sont plus proches. Avant d'abandonner définitivement les grottes qui leur avaient si longtemps donné asile, à eux les faidits libres comme l'air, l'un d'eux laissa sur les parois quelques dessins et inscriptions :
    Un arbre de vie.
    Une colombe, emblème du Dieu-Esprit.
    Un poisson, symbole de la Divinité-Lumière.
    Des monogrammes du Christ, en lettres grecques ou romanes.
    Le mot de "Gethsemané".

    A tous les endroits, souvent presque introuvables, ou une galerie monte en lacets, à travers la roche calcaire, vers les sommets inondés de soleil, il a dessiné, avec de savantes fioritures, le paraphe GTS, probablement une abréviation du mot Gethsemané, le jardin où le Christ fut, par trahison, livré à ses bourreaux...

    Lorsqu'on essaye de monter, par une cheminée de ce genre, vers les hauteurs où l'attrait de la liberté exerçait une fascination sur les cathares, on est souvent arrêté net par des murs ou d'imposants blocs de rochers, stalactites dont l'eau calcaire, par son suintement continu, a fait une infranchissable barrière. Là, les persécutés déjouaient toutes les poursuites des Inquisiteurs et de leurs chiens dressés à chasser l'hérétique. Personne jusqu'à ce jour n'a réussi à dévoiler le mystère qui dort derrière ces murs de stalactites. Une légende pyrénéenne prétend que les derniers cathares auraient été emmurés là par les moines dominicains, désespérant de les capturer dans leurs réduis inaccessibles. Jusqu'à maintenant les montagnes du Sabarthès n'ont toujours pas livré leur secret."


- Otto Rahn, écrivain allemand, devant les inscriptions de la "Cathédrale" -
(photographie extraite du Fonds Boudou©)


Il semble que se soit le premier texte qui évoque l'incendie des spoulgas, incendie qui sera évoquée par la suite dans de nombreux écrits. La tradition orale véhicule l'existence de cheminées qui de la spoulga de Bouan "remonteraient" sur la montagne ou inversement de d'entonnoirs, de puits qui absorbent les eaux des violents orages de la saison estivale (témoignages de plusieurs personnes de Bouan ou de Larnat). Ces galeries sont évoquées dans l'article publié par Alex Coutet (La Dépêche du Midi 13 mai 1932)

Est-ce une réalité ou le fruit de l'imagination ? Les spéléologues qui ont étudié la spoulga ont eu connaissance de cette tradition, mais n'ont jamais pu localiser une quelconque communication, si ce n'est quelque galerie permettant de s'élever d'une quarantaine de mètres...

Pour Otto Rahn (Croisade contre le Graal, page 197), l'explication en est simple: "Malheureusement, nous ne connaissons qu'une petite partie de leurs galeries inextricables et de leurs salles. Partout des murailles, transformées par le suintement millénaire des eaux calcaires en véritables falaises, tiennent cacher le secret qui dort derrière leur épaisseur".


Des galeries colmatées ou fossiles sont nombreuses dans la grotte de Lombrives ou dans les grottes voisines (Porche de la Grande Arche, Galerie Galy, porche de la grotte de Sainte Eulalie, porche de la grotte des Ateliers, porche de la grotte des Chevaliers), elles résultent soit de sédimentation calcaire (coulées et planchers stalagmitiques), soit par des remplissages de matériaux exogènes (argiles, sables, graviers, galets) ; parfois les deux phénomènes géologiques se combinent.

Les hommes ont parfois sciemment fermé des grottes ainsi J.-B. Noulet écrivait en 1882 dans son Etude de Lombrives ou grande caverne d'Ussat :
  • "La grotte funéraire de Sinsat ou de Camouzeille, non loin d'Ussat, que j'ai fait connaître dans les mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse était murée. On peut supposer que les grandes entrées de l'Ombrives, comme celle de l'Herm, etc, furent aussi murées jusqu'à une élèvation que ne pouvaient franchir les animaux que l'on avait à redouter. Certaines de ces entrées, entre autres celle de Fontanet, présentent des restes de murs secs, régnant encore sur toute leur longueur."
Ces différents textes montrent bien qu'il n'est pas utopique de penser que les diverses grottes de la vallée de l'Ariège, fréquentées par les hommes depuis la nuit des temps, aient pu servir à faire disparaître des groupuscules humains ou à les isoler dans une demeure d'éternité, dans ce cas il conviendrait de parler de ces grottes comme grottes sépulcrales.

Un seul texte, à notre connaissance, parle d'emmurement d'hommes en Haute Ariège, il s'agit de trois habitants de Quié : Guillaume de l'Aire, Jacques Tartier, Raymond et Pierre Peyre furent emmurés un certain temps à Carcassonne (déposition de Raymond de Laburat, vers 1310). Mais cela c'est une autre histoire...

René Bodin

LOS CATAROS DE MONTSEGUR - LOS MARTIRES DEL PURO AMOR - VIDEOCLIP CONSOL...


A MONSEGURE 220 Cathares ont brulés


  LOS CATAROS DE MONTSEGUR - LOS    MARTIRES DEL PURO AMOR -                                                       
A MONSEGURE 220 Cathares ont brulés par l'intolerance de la Papotée, des moines Cisterciens, Dominicains ,et des moines Franciscains
                              
                                                                               

                                          THE OCCITAN GENOCIDE

                                EL GENOCIDE OCCITÀ
                                                                     

the assasins who ask for their forgiveness 800 years later

                                             oil by claude Dubois museum Arques city